Jeudi 11 février 2010
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06:00


Il y a des livres ouverts presque à contrecoeur, ce roman appartient à cette catégorie.
Revenons il y a quelques semaines :
Il s'agit du quatrième livre que je chronique pour la sélection
Elle d'avril ( je commence à m'essouffler et pourtant les trois derniers m'attendent sur ma table de chevet...), l'auteur est un canadien que je ne connais
pas, le scénario me semble convenu : un indien Cree dans le coma et sa famille qui se relaie à ses côtés pour lui parler et surtout le résumé évoque une
"poésie brute " (Pitié, pas du sous-Thoreau ou je craque !), tous ces éléments ont déclenché chez moi une grande peur de m'enliser dans cette histoire...
Je bats ma coulpe, ce livre est à ce jour, mon plus gros coup de coeur du Prix Elle. J'ai aimé passionnément ce roman, le souffle qui anime chaque
page est remarquable. Joseph Boyden nous entraîne dans de lointaines contrées enneigées, à Moosonee, où les descendants du peuple Cree survivent plus ou moins bien. Nous faisons la connaissance de
Will Bird, un ancien pilote, plongé dans un coma profond, après avoir été agressé par Marius Netmaker, un dealer notoire. Nous remontons le fils de son histoire tandis que lui git sur son lit
d'hôpital. Il nous raconte sa vie, sa première tentative pour éliminer Marius et sa fuite ensuite pour ne pas être arrêté. Il fuit et trouve refuge dans une île puis un ancien comptoir de
traite où il réapprend les gestes de survie au sein d'une nature magnifique mais extrêmement rude et sauvage. Nous le voyons réintégrer la civilisation et tenter de renouer le dialogue interrompu
avec ses deux compagnons de beuverie, sa soeur Lisette et son amour d'enfance Dorothy.
Parallèlement à ce premier récit, le lecteur découvre la nièce de Will, Annie. Elle revient d'une longue errance dans le Sud, de Montréal à New-York, à la recherche de sa soeur Suzanne
qui a quitté la maison et n'a plus donné de nouvelles. La jeune Indienne, garçon manqué, va apprendre à ses dépens que sa beauté exotique peut lui valoir une certaine gloire en tant que mannequin
et lui ouvrir les portes du monde de la nuit où seule compte l'apparence. Elle aussi va remonter le courant de son existence, elle prend l'habitude de veiller son oncle et de lui raconter, de lui
confesser, ce qu' a été son existence pendant cette année passée loin des siens.
Ces deux êtres, semblables en bien des points, imprégnés de culture indienne, considérés peut-être à tort comme des "durs à cuire" vont connaître l'expérience du plus grand dénuement,
vont affronter "les saisons de la solitude" et en sortir grandis, prêts à s'ouvrir aux autres et à accepter les mains tendues. A la fin du roman, Will accepte enfin que la vraie vie, cela
puisse être aussi simple que l'amitié et l'amour .
"Je ramasse ma canne sur le plancher du bateau. Je tâche de me lever, mais je n'en ai pas la force. Ce n'est pas grave. Les mains des miens se tendent pour m'aider."

Info de dernière minute, mais qui a son importance (quoique...) : admirez l'auteur !
Par Armande
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Publié dans : littérature américaine
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