Mardi 19 août 2008
le roman de B.Cleverly permet de replonger avec bonheur dans la mythologie et évoque entre autres le destin d'Europe enlevée par Zeus métamorphosé en taureau.
par Armande publié dans : belles images communauté : Chronique de nos lectures
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 19 août 2008
Je viens de passer un excellent après-midi en compagnie de Barbara Cleverly et de sa nouvelle héroïne, Laetitia Talbot. Je connaissais déjà l'auteur pour avoir suivi son personnage, Joe Sandiland, dans ses enquêtes en Inde. C'est bien écrit, d'une plume peut-être un brin désuète (mais je l'avoue cela ajoute au charme de la lecture).
L'histoire démarre à Héraklion, en Crète, en mars 1928 mais plonge ses racines dans un sanglant massacre perpétré en 1898. Notre héroïne, jeune fille de bonne famille, dotée d'un père richissime, doit mener un chantier de fouilles. Que les fouilles soient financées par son père laissse imaginer une demoiselle assez gâtée et arrogante. Le lecteur découvre plutôt une suffragette en herbe à l'esprit vif et à la réplique acérée.Elle est accueillie par Théodore Russell, archéologue amateur. Dans la maison de celui-ci règne une ambiance lourde et le "suicide" de Phoebe,son épouse, ne va pas alléger l'atmosphère.
Le charme du roman ne réside pas dans l'intrigue policière ni dans l'histoire d'amour entre Laetitia et Gunning, l'architecte , toutes les deux très prévisibles . Il émane de la description de la Crète et  de l'art que possède B.Cleverley de mêler le présent des personnages et les mythes anciens.Passé et présent, profane et sacré se mélangent avec bonheur.
J'aime particulièrement ce passage qui illlustre bien le style de l'auteur. Laetitia Talbot pense être sur le point de mettre au jour le tombeau de Zeus:
"- Eh bien... Salut, ô Roi des Dieux ! Si vous êtes là-dedans, mon vieux, je vous préviens: vous n'allez pas tarder à revoir la lumière du jour. Mais, je vous connais, et je vous demande de ne pas vous énerver. Inutile de nous envoyer vos éclairs ou vos tremblements de terrre, d'accord ?
Elle ravala sa salive en entendant soudain ses paroles, dangereusement désinvoltes. Crime de lèse-majesté ! L es dieux ne prenaient pas ce genre d'affront à la légère... Elle prenait le risque de se retrouver transformée en laurier, ou pire: quelque chose de petit et de dégoûtant. (...)
Elle se mit à courir jusqu'au panier et à fouiller dedans jusqu'à trouver ce qu'elle cherchait. Puis elle revint devant l'abri et s'immobilisa, maladroite.
Il fallait à tout prix réciter une incantation. Son esprit se heurta au mot "prière", le rejeta et choisit finalement "sentiment". Incapable de trouver une formule adaptée, elle exhuma des failles de sa mémoire une traduction datant de ses années d'école. Les derniers vers de Médée.
"O Zeus tout puissant, roi de l'Olympe !
Maître des destinées humaines !
Ce qu'espèrent les mortels rarement se produit
Car les dieux ne connaissent qu'un don: l'inattendu."
-Je vous salue, euh... monsieur. Veuillez accepter cette modeste offrande. C'est tout ce que j'ai pu trouver mais peut-être sera-t-elle la bienvenue, après toutes ces années.
Elle trouva une fissure dans les rochers juste devant l'abri et tendit les mains au dessus. De la gauche, elle versa le fond d'une bouteille d'Arkhanais et, de la droite, retourna un flacon de miel et attendit que les dernières gouttes glissent dans l'interstice. Une libation."
par Armande publié dans : romans policiers communauté : Chronique de nos lectures
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Lundi 18 août 2008

Aujourd'hui, jour de grande flemme intellectuelle, la couverture de cet album de Bill Watterson reflète bien l'ambiance cool de ce lundi. J'ai relu, ces dernières semaines, quelques histoires de l'effroyable Calvin et de son redoutable tigre: la magie fonctionne toujours.
par Armande publié dans : bandes dessinées communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 17 août 2008
C'est tout à fait le genre d'affiche que j'adorerais avoir sur le mur de ma classe. J'aime beaucoup la tendresse perceptible dans la rondeur du trait et les couleurs. J'aime aussi l'humour dans la représentation des animaux, qui ne sont pas sans rappeler  par leurs postures certains ados que je connais.
par Armande publié dans : belles images communauté : SOIF DE LIRE...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 17 août 2008
C'est l'histoire d'un vieux volkswagen, qui va transporter ses trois passagers( Jack, écrivain en mal d'inspiration, la grande Sauterelle, jeune métisse à la recherche de son identité et Chop Suey, chaton noir et mascotte )de Gaspé au Québec jusqu'à San Francisco. L'objet de de leur périple est de retrouver Théo, le frère aîné de Jack dont celui-ci a perdu la trace depuis une vingtaine d'années. Ils vont mettre leurs pas dans ceux du frère disparu et constaté que ce chemin est celui des pionniers qui ont suivi la piste de l'Orégon. Grâce à un livre "emprunté" dans une bibliothèque "The Oregon Trail revisited", nos deux héros vont revivre au fur et à mesure de leur avancée vers San Francisco  les espoirs et les déconvenues des pionniers.
Au bout de la route les attendra un Théo bien changé mais Jack n'en sera pas affecté. Il aura appris au fil des kilomètres à se détacher de ce grand frère qu'il avait idéalisé et peut-être aussi d'une enfance qu'il ne voulait pas quitter. Dans le roman, il passe beaucoup de temps lové au fond de son sac de couchage, tel un papillon dans sa chrysalide. Et un jour, il accepte de sortir de ce cocon protecteur et d'accepter de vivre vraiment au lieu de se réfugier dans la fiction (il dit lui-même qu'il écrit au lieu de vivre) ou dans ses souvenirs d'enfant.
La grande Sauterelle est un personnage encore plus attachant, jeune fille sauvage, éprise de littérature, de poésie, de chansons. Comme Jack, elle semble vivre en marge de la société, écartelée entre ses racines indiennes et blanches. Le long trajet en compagnie de Jack, les personnes rencontrées lui auront permis au cours de discussions passionnées de réconcilier un peu les deux parties d'elle-même.
L'écriture de Jacques Poulin, auteur québecois, est très simple. Peu de choses sont dites, beaucoup sont suggérées. N'hésitez pas à prendre la route avec ce trio attachant....
Grande rêveuse moi-même, j'ai aimé cette phrase que la grande Sauterelle adresse à Jack. Elle vient de passer l'après-midi à contempler le fleuve et les îles près de Rockport. Son compagnon n'a pu lui tirer un mot ni la faire participer à la moindre activité. Il semble chagriné, elle lui dit: "Les rêves sont comme des îles. Alors on est tout seul quand on rêve et ça ne peut être autrement. Vous comprenez ?"
par Armande publié dans : littérature québécoise communauté : ♦ Lecture pour tous ♦
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Recherche

Archives

extraits préférés du moment

"Nous les femmes et eux les livres.
Car les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange et singulière tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations.
Car un texte, signé ou pas, constitue pour les femmes un puits de secrets, un vertige, une possibilité de voir le monde autrement, voir de le vivre autrement, peut donner l'élan de tout quitter, de s'envoler vers d'autres horizons en ayant conquis, par la lecture, les armes de la liberté."
Préface de Laure Adler au très bel album "les femmes qui lisent sont dangereuses"
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus