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Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 13:00

gagner la guerre

 

   Il ne fallait pas moins d'un roi pour me faire avaler, que dis-je, engloutir avec délectation les 979 pages de "Gagner la guerre". Keisha recommandait chaudement cette lecture et ce gros pavé m'est apparu comme le cadeau idéal pour la Saint-Valentin. Depuis lors, je guignais la table de nuit de Chéri où le livre attendait fébrilement d'être ouvert. Je sentais ces pages piaffer d'impatience mais l'emploi du temps de l'Homme était trop chargé pour se lancer dans cette lecture au long cours. Vous me connaissez, je n'ai écouté que mon bon coeur : je déteste voir souffrir les romans ! Ni une, ni deux, je l'ai récupéré et j'ai libéré Gesufal Benvenuto de sa prison de papier ! Le bougre s'est empressé de m'entraîner dans ses aventures et pendant quelques jours, famille et boulot sont passés en arrière-plan. De nombreuses heures du jour (et de la nuit !) me voyaient plongée dans l'univers de Jean-Philippe Jaworski. Je ne suis pas certaine que l'étiquette "fantasy" suffise pour qualifier cette oeuvre complète où érudition et imagination font bon ménage.

   Notre héros, Don Benvenuto, est un des maîtres-espions du Potestat de la République de Ciudalia. Il s'acquitte des basses besognes que lui assigne celui-ci, sans état d'âme apparent et se trouve de par ses missions au coeur de toutes les intrigues politiques, de tous les arrangements entre puissants. Ciudalia, ville côtière, fait penser à Venise, du temps de sa splendeur conquérante. La description de la cité est un régal, le lecteur se promène dans les rues, s'égare dans les quartiers mal famés, se glisse dans les palais à la suite du héros et s'émerveille des détails inventés par l'auteur. Lorsque Don Benvenuto tombe provisoirement en disgrâce et doit s'exiler, Jean-Philippe Jaworski montre autant de talent pour nous mener dans des contrées hostiles, des bourgades lointaines où elfes et sorciers s'y entendent pour faire tourner Gesufal en bourrique, chose assez facile car l'homme a le sang chaud et le verbe coloré !

Dans ce roman-somme, le lecteur savoure le plaisir d'un récit de cape et d'épée, l'intelligence  d'une réflexion politique digne de Machiavel, le style de l'auteur  tour à tour poétique, savant, truculent ...

Faisons dans le dithyrambe : ce pavé fera date dans mes lectures ! C'est mon BEST de ces derniers mois !

Par Armande - Publié dans : littérature française - Communauté : Livres
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