une écriture délicate mais jamais mièvre

Publié le par Armande

lillian

 

   Je pourrais débuter mon article en évoquant les personnages excentriques que l'auteur met en scène dans le New-York des années 50. Le milieu décrit est celui de la bonne société huppée et évidemment le lecteur est invité à s'attacher davantage à Lavinia Gibbs et son chien M.Phipps, vieille dame richissime et bohème plutôt qu'à ses frères, de ternes financiers ou juges qui ne réfléchissent qu'en termes de rentabilité et de respectabilité. Cette dame âgée traite son neveu, Gabriel, le narrateur, comme son animal : elle le considère comme mignon et d'agréable compagnie mais sans réel conversation ni personnalité. C'est ce jeune homme de dix-sept ans, renvoyé de son collège et confié provisoirement à son frère aîné Spencer, qui va nous raconter l'histoire de Lillian Dawes, une mystérieuse inconnue qui semble se glisser dans toutes les soirées mondaines et les week-end à la campagne sans que personne ne sache réellement qui elle est.

 

   Tiens, j'ai effectivement commencé par les portraits des principaux antagonistes, pourtant ce n'est pas ce qui m'a le plus charmée dans ce roman. Katherine Mosby écrit délicieusement bien, elle capte avec subtilité les ambiances, les tourments d'un coeur amoureux pour la première fois, les relations parfois délétères au sein des familles. Certaines phrases sont un tel bonheur de lecture qu'on se surprend à les relire plusieurs fois avant de continuer le récit. Elle a choisi pour la préface  cet extrait de "Madame Bovary" de Flaubert :

 

"La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles"

 

Je la trouve dure avec sa prose qui a su me toucher. Pour preuve, je vais me procurer au plus vite son nouveau roman "Sanctuaires ardents" pour le plaisir de retrouver sa "patte" qui n'est pas celle d'une ourse !

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Midola 16/09/2010 22:12


Je n'ai pas été vraiment séduite par cette lecture malgré des personnages attachants. Tout au long du roman, j'ai eu une impression de déjà lu...


rennette 11/09/2010 23:25


véhémence ? agacement plutôt... et puis j'aime les pattes d'ours (au chocolat)... je voulais juste dire que je n'aime pas ... uniquement... finalement pas besoin de se justifier... on aime, on aime
pas...
Par contre, je me suis régalée avec l'amour est à la lettre A dont tu parlais d'ailleurs... il semblerait que le 2ème livre de cette auteure est moins plaisant... l'as-tu lu ?


Armande 13/09/2010 07:26



J'ai aimé aussi "L'amour à la lettre A" et enchaîné avec "L'amour secret" qui a été une vraie déception ! Je ne te le conseille pas.



rennette 11/09/2010 16:47


entre le style et le sujet... que choisir ? trop désuet à mon gout et puis ca m'énerve toutes ces rééditions bien écrites certes car d'un langage plus académique mais les histoires "bourgeoises"
"bonne société" etc... je dis stop... (pour moi...)


Armande 11/09/2010 22:33



Quelle véhémence ! La description de la société bourgeoise est ici assez ironique et jubilatoire.



clara 11/09/2010 10:59


Dame Armande se fait tentatrice...


Armande 11/09/2010 22:32



Toujours...



juliette 11/09/2010 10:44


Un abandon de cet été mais je sais que j'y reviendrai parce que l'humour et l'ironie y sont agréables...


Armande 11/09/2010 22:32



Le charme de Lillian Dawes ne faisait pas le poids sous le soleil du Sud ?