Série Z de J.M Erre

Publié le par Armande

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 Devenue "accro" à J.M Erre, je n'ai pas hésité à supplier Keisha de me prêter celui-ci. Et je n'ai pas été déçue. L'histoire sortie de l'imagination de l'auteur est délirante et "gloussesque" (Je revendique ce néologisme !). Son héros, Félix Zac, est un ectoplasme mou d'une trentaine d'années, pacsé avec une prof de bio "bio" (J'ai remarqué que les deux vont souvent ensemble...) et père d'une Zoé, âgée d'un an et qui ressemble à une mini-tornade. Félix a le mot travail en horreur et passe sa vie à regarder des films tellement mauvais qu'ils en deviennent cultes. Il s'adonne aussi vaguement à l'écriture de scénarios, tout en alternant bière blonde et brune... un boulet, diraient nos ados. ! Et voilà qu'un jour, une de ses histoires semble trouver grâce aux yeux d'un producteur : une palpitante enquête dans une maison de retraite pour acteurs mineurs ! J.M Erre s'amuse beaucoup, multipliant les points de vue, créant des créatures plus bizarres les unes que les autres et déclenchant souvent le rire chez le lecteur.

   Un seul point m'a chiffonnée et je recopie ici le passage incriminé :

 

" Parmi toutes les insuffisances qui font de Félix un personnage auquel le lecteur moyen peut s'identifier, il en est une qui dépasse toutes les autres : l'exceptionnelle déficience de son sens de l'orientation. Cette tare l'avait amené à développer une technique compensatoire fondée sur un très ancien proverbe chinois trouvé dans un emballage de Carambar : "Puisque tu ne trouves pas en cherchant, tu trouveras en ne cherchant pas". En partant à l'avance, avec un esprit positif et un jerrican d'essence de secours, ça marche."

 

   Je suis désolée mais je ne vois pas le moindre comique dans la technique du héros pour partir d'un point A et rejoindre un point B. D'abord, on ne parle pas de "tare", ce n'est pas gentil mais de "handicap léger "...

Prenons quelqu'un au hasard, par exemple moi, créature douée d'une cervelle (Si !) et dépourvue du sens de l'orientation. Vous croyez que mon existence est drôle, je vais vous confier un épisode de ma triste existence qui va vous arracher des larmes.

 

Nantes, mars 2002, service ophtalmo de l'hôpital

   Pour une raison indépendante de notre volonté, ma Moitié doit rester veiller Demoiselle Cadette qui va être opérée le lendemain et moi, je dois quitter les lieux et rejoindre l'hôtel que l'Homme avait réservé pour lui. Lueur de panique dans les yeux du mâle, attitude bravache de ma part : "Fastoche, c'est à quelques rues de là! " L'Homme me réexplique plusieurs fois l'itinéraire, me rappelle le nom de l'hôtel, me somme d'aller manger dans un restau qu'il a repéré, me fait répéter les instructions et se ronge les ongles d'anxiété.

    Je franchis le seuil de la chambre d'un pas conquérant et me précipite à la cafétéria de l'hôpital pour acheter des chocos et une plaquette de chocolat. Si jamais j'atteins un jour l'hôtel, hors de question que je ressorte pour aller manger à l'extérieur ! Je mettrai des miettes de gâteaux partout sur la couette et engloutirai tout le chocolat en regardant un programme débilitant à la télé.

Première étape : franchir les portes du hall et découvrir que dehors, horreur, malheur, il fait NUIT ! Logique en cette saison et à 19h30 mais HORRIBLE quand même !

Deuxième étape : pleurer une bonne fois pour se déboucher les sinus. C'est bien connu : sinus bouchés, courage diminué ! 

Troisième étape : regarder le plan, se demander dans quel sens le prendre (Mince, tout à l'heure, l'Homme avait l'air de trouver la manipulation du truc facile)

Quatrième étape : ranger le plan, ces bidules, ça sert à rien, rien ne vaut l'instinct !

Cinquième étape : sillonner au hasard le quartier en se répétant le nom de la rue façon mantra.

Sixième étape : au bord de la crise de nerfs, trouver enfin la rue et là, le doute : il y a bien un hôtel mais qui s'appelle Les Colonies. Bizarre, vous aviez l'impression de l'Homme avait dit Les Colibris. Bon, en même temps, les deux noms se ressemblent et vous avez super mal aux pieds.

Septième étape : rentrer dans l'hôtel et demander d'un ton qui se veut assuré s'il y a bien une chambre réservée pour M.Untel. Alléluia ! C'est là !

Huitième étape : Vautrée sur le lit, vous n'en revenez pas de votre exploit, vous le savourez même quand le téléphone sonne. Une voix inquiète, au bout du fil, vous demande : "Chérie, tout va bien, tu n'as pas eu de mal pour trouver ?" Cette question, bien sûr que vous êtes arrivée à destination ! Il croyait quoi, que vous alliez errer toute la nuit dans Nantes... Le cas échéant, vous aviez prévu double ration de chocos. Perdue, d'accord mais morte de faim, non !

Alors, maintenant, on s'amuse moins, monsieur l'auteur. Apprenez qu'il y a des sujets douloureux avec lesquels il ne faut pas rire ! je suggère un règlement à l'amiable pour le préjudice subi : m'offrir un exemplaire de votre livre (Je vous laisse voir les modalités avec votre maison d'édition.)

   Quoi, j'entends certains derrière leur écran s'exclamer : "Elle manque pas de culot la môme Armande !". Du culot ? Relisez mon témoignage pathétique et surtout prenez en compte le fait que le lendemain, il m'a fallu repartir de l'hôtel (mon point A) pour gagner l'hôpital (mon point B) et que l'entreprise m'a encore coûté quelques sueurs froides...

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Gwenaelle 17/06/2010 09:29


Ton corps de rêve... mais pas seulement : tu allais oublier ton esprit brillant, ton humour ravageur et ton petit grain de folie! Alors! La modestie c'est bien mais il ne faut pas en abuser! :-D


Armande 17/06/2010 09:41



Tout cela constitue un cocktail détonnant ! Parfois, je sens dans les yeux de mon Homme comme une certaine fatigue ;-)



keisha 17/06/2010 08:25


Pas possible! je compatis (je fais partie de celles qui trouvent leur chemin dans des situations pas possibles, genre l'auberge de jeunesse à Cologne -pff si c'est Adenauer Avenue, ça doit être une
grosse avenue, et hop je trouve, ou bien trouver la Seine, bah, ça doit descendre, donc je prends les rues qui descendent)
Contente que tu aimes quand même Série Z.


Armande 17/06/2010 09:23



Et j'ai à peine exagéré !



Gwenaelle 16/06/2010 21:50


Je pense qu'il te faut un iPhone avec boussole et google maps intégré, voire une application GPS... là, tu devrais t'en sortir! Et même chanter "Je n'ai besoin de personne quand j'ai mon iPhone..."
:-D


Armande 17/06/2010 09:22



Même un iphone super perfectionné ne pourrait m'aider : je suis une "quiche" technologique ! Je vois tu t'interroges, quelle qualité a pu séduire la Moitié de cette créature bizarre ? La réponse
est simple : mon corps de rêve !