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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 06:00
Belle couverture, beau titre et... belle déception ! Je gardais en mémoire "La bâtarde d'Istanbul" et "Bonbon palace" et je m'apprêtais en ouvrant ce livre au même plaisir de lecture.   
   D'emblée, Elif Shafak nous prévient : " Ce livre a été écrit pour être oublié sitôt lu. Tels des signes tracés à la surface de l'eau". Curieux, non ? C'est qu'elle décrit la dépression post-partum qu'elle a vécue et le livre n'a servi qu'à exorcicer ce moment difficile de son existence. Je serais tentée de dire : si ces pages n'avaient d'intérêt que personnel, pourquoi les publier ?
Je suppose que l'auteur accorde à celles-ci une portée universelle et que de ce fait, elles méritent qu'on leur prête attention.
   Pour être franche, je me suis ennuyée à de nombreuses reprises. Elif Shafak s'interroge longuement sur la possible compatibilité d'une grossesse (d'où l'image du lait) avec une carrière d'écrivain (et survient le noir de l'encre). Elle s'intéresse à de nombreux cas de femmes écrivains ou de femmes d'écrivains pour trouver une réponse. Le souci, quand on possède une certaine culture littéraire, c'est que l'on connaît ces auteurs et que les résumés de leur existence n'apportent rien, si ce n'est une certaine irritation. Réduire Virginia Woolf à quelques pages et à quelques anecdotes a éveillé mon côté soupe au lait, une facette peu reluisante de ma personnalité.
Les multiples facettes de sa personnalité, Elif Shafak, quant à elle, les imagine comme de petites femmes miniatures (son choeur intérieur) qui régissent tour à tour son existence. Il y a  Miss Cynique Intello, Miss Ego Ambition ou la très discrète Maman Gâteau qui devient un véritable desposte pendant la grossesse de l'auteur. Le procédé est drôle au début, ces minuscules créatures nous sont décrites en détail, de leurs vêtements à leur habitat puis la répétition finit par lasser.
    La fin est très convenue, l'auteur se sort de sa dépression lorsqu'elle réussit l'exploit suivant : "Pour la première fois, mon Choeur de voix intérieures s'exprime dans l'harmonie".
   Je crois que de nombreuses femmes se sont posées les mêmes questions qu'Elif Shafak quand elles ont été confrontées à la maternité. Devenir mère n'a rien de simple et  mérite mieux que l'analyse à la fois trop simple et trop littéraire qu'en fait l'auteur.
Par Armande - Publié dans : littérature turque
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