Princesse Soso (Version 2.0)

Publié le par Hervé

 princesse soso

 

  Dans un style trash-et-qui-déchire-sa-race, Princesse Soso nous a concocté une compile-trop-d'la-mort d' anecdotes relevées sur une année scolaire. Le trait peut sembler caricatural [et trop abusé] mais est hélas très proche de la réalité.

 

    A travers des scènes d'anthologie qui peuvent nous faire sourire ou nous consterner, c'est bien le naufrage de l'Education Nationale qui est dénoncé. L'inadéquation entre les élèves qu'elles nous décrits et un système scolaire maintes fois remodelé au fil des changements de ministre, est criant de vérité. Les classes ne sont pas des groupes de choupis et de bisounours (on disait autrefois classe camif, mais ça a fermé ...) . On y trouve de plus en plus de gamins complètement perdus, inadaptés, manquant de tout repère, qu'il soit culturel ou de savoir être. Facebook et MSN semblent être devenus les mamelles de la France [d'en bas]. Alors que le nombre de coms est aujourd'hui plus important que le nombre de bons points autrefois, on comprend qu'un Manolito, qu'une Paquita, que des Gwendolina, Alyssa, Edwina, Favin  ou Kevvin ( avec deux v) viennent avant tout faire acte de présence au collège.

 

   Princesse Soso tape à tours de bras sur le système, mais aussi et surtout, sur les parents. De manière déséquilibrée. Trop, et parfois avec mépris.  Pas un ne trouve grâce à ses yeux. A croire qu'elle enseigne à Beaufland. Je comprends qu'il soit plus aisé d'écrire et de vendre un livre de Perles d'élèves et de leurs parents plutôt qu'un Florilège de bonnes copies et de billets savamment tournés. Pour autant, les gosses en échecs ne sont pas seulement issus de familles dont la seule lecture à la maison est Closer, ni pour lesquelles Secret Story est dans le top five des émissions à ne pas manquer. Inutile de forcer le trait, la réalité est déjà bien assez triste comme ça.

 

  

   J'en retiens tout de même un bon moment de lecture. Je vous préviens l'école vue par Princesse Soso, ce n'est pas la Croisière s'amuse, c'est la traversée du Titanic [sa mère].

 

Publié dans articles de ma moitié

Commenter cet article

Princesse Soso 04/01/2011 20:05


Bonsoir !

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de lire mes chroniques.

J'en profite pour préciser que le trait n'est malheureusement pas forcé et que dans certains coins de France, on est vraiment dans du Zola tuné. Une culture générale zéro, beaucoup d'illettrisme et
de carences éducatives... Parfois un élève issu de Beaufland obtient de bons résultats et se montre motivé mais malheureusement, il est vite rattrapé par l'historique familial.

Quant aux élèves issus de chouettes familles avec amour, respect et culture générale, fort heureusement, ils existent un peu dans ma contrée et aucun n'est en échec scolaire. Je suis de celles qui
pensent que compte-tenu du système actuel qui nivelle par le bas, un élève ne présentant pas de troubles cognitifs et étant intelligemment entouré par sa famille ne peut pas être en échec
scolaire.

Bonne année, au fait et bon courage pour ceux qui sont dans des établissements difficiles !


Hervé 05/01/2011 14:47



Bonjour à vous et merci de m'avoir  laissé un petit mot à propos de cet article sur vos chroniques, lues avec délectation.

Je voudrais préciser que je ne nie pas l'abîme culturel qui peut exister dans certains coins de France. J'ai commencé ma carrière dans l'académie de Rouen, dans un établissement où seulement 30%
des élèves de 3ème passaient en seconde générale et où la moyenne aux évaluations 6ème ne dépassait pas 45% de réussite, en maths comme en français. Ce fut pour moi un choc culturel en y
arrivant, venant de l'académie de Rennes plutôt placée en tête des résultats.


J'ai retrouvé à la lecture de votre livre de nombreuses situations qu'il m'arrive de raconter encore tant elles m'ont marqué. Je pourrais citer rapidement une bagarre générale dans les jardins du
château de Versailles entre plus d'une centaine de gamins de 4ème de deux établissements, une autre bagarre générale entre notre car et un car du 9-3 sur le parking du Mont ST Michel, "parce que
l'9-3 il a rien à fout' chez nous, M'sieur !", attendre en vain des parents sur le parking du collège au retour d'un voyage parce qu'ils avaient oublié que le petit revenait le jour là, rester à
me geler jusqu'à 2h du matin en janvier à attendre qu'on vienne en chercher un autre (pour un retour prévu à 23h)  "parce qu'on voulait voir la fin du film à la télé"... Bref, sept ans
pendant lesquels j'ai eu hâte d'obtenir un retour en Bretagne.


Ayant pris un peu de bouteille ( d'embonpoint diront certains) et de recul après 20 ans d'en-saignement, je me rends compte que les gamins, comme leurs familles, sont surtout victimes d'un
système qui tombe en déliquescence et dont l'orientation générale semble être la réalisation d'économies avant toute chose.  C'est en ce sens que je trouvais votre discours un peu dur sur
les parents.


Que 2011 vous soit la meilleure possible et merci pour vos chroniques.


Bon courage à tous les galériens de l'éducation nationale : élèves en difficultés dans des classes surchargées, gamins perdus face à des programmes qui les dépassent, petits bisounours
dans des classes de prédators, néo-profs sans formation, TZR sur 3 établissements, Rased qui parait-il ne servent à rien puisqu'il y a maintenant du soutien à la place des heures de français et
de maths du samedi matin. Pardon à ceux que j'oublie.



Tiphanie 29/12/2010 12:32


Je trouve que les familles auxquelles Princesse Soso sont bien décrites mais effectivement le panel est beaucoup plus large, des élèves issues de famille où la culture tient une place importante
peuvent aussi être en échec scolaire et de la même manière des élèves issues de familles très modestes où la culture s'apparente aux télé-réalités peuvent être des élèves brillants.
J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui m'a permis un peu de dédramatiser certaines situations.


Hervé 29/12/2010 23:17



Et oui, il y a tellement de paramètres à entrer en jeu dans les apprentissages qu'il est difficile de prédire une année scolaire. Ceci dit, les statistiques de l'éducation nationale montrent
qu'avec des parents diplomés du supérieur et une famille stable on réussit mieux les études que dans une famille monoparentale non diplomée. Ce ne sont des statistiques, cela ne veut pas dire que
c'est un fait avéré pour chacun ( et je suis bien placé pour le savoir) , mais c'est une tendance qui se dégage.


Pour en revenir au livre, le ton employé est assez neuf pour ce genre d'ouvrage, c'est ce qui en fait un attrait certain.



Lystig 27/12/2010 09:52


j'étais déconnectée... je lisais "boflan", comme une ville où se passait l'action !


Hervé 27/12/2010 16:08



Pas de souci.



keisha 26/12/2010 17:08


M'en parle pas! En plus étant donné mon accent je ne peux pas les aider avec l'oral, seulement avec l'écrit...


keisha 26/12/2010 15:31


Moi c'est lecture des consignes, chercher les éléments implicites/explicites, savoir apprendre, du bien lourd! (parfois j'ai du mal à répondre moi aussi... ^_^)
Mais il arrive que je dévie vers la compréhension des textes d'exos de maths, histoire de revenir à la seule matière vraiment sérieuse... ? ^_^


Armande 26/12/2010 15:54



Ah "savoir apprendre" ! Je me suis attelée aussi à ce lourd chantier. J'ai vite compris qu'apprendre dix mots de vocabulaire en anglais peut prendre une heure de PPRE... et que le lendemain, en
contrôle, mes choupis se plantaient malgré nos révisions intensives et venaient pleurnicher : "Madame, on n'a eu que 2 ou 3 sur 10 ! Comment ça se fait ?" Vaste question...