Le Paradis des Femmes

Publié le par Armande

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Merci à Gwenaëlle pour le prêt de ce roman enchanteur, qui m'a fait irrésistiblement pensé à la chanson d'Alain Souchon  : "Sous les jupes des filles" et à son refrain :"La faiblesse des hommes, elles savent / Que la seule chose qui tourne sur cette Terre / C'est leurs robes légères".

   Au début de cette autobiographie, l'auteur ne parvient plus à écrire, la source des mots semble tarie. La rencontre avec Luz, une comédienne, dont il tombe amoureux, lui redonne le goût des histoires et celle qu'il va lui conter, c'est la sienne. Il entraîne sa belle dans les ruelles du Tunis de son enfance, où l'uniformité ne règne pas encore comme à notre époque. Les nationalités, les cultures, les religions se côtoient de manière pacifique, sans pour autant se mélanger. Ali Bécheur décrit des épisodes avec beaucoup de truculence comme les parties de football où lui, le "fils à maman", d'une famille de notables, "s'encanaille" avec bonheur avec des garçons issus de milieux moins favorisés. Son verbe se fait beaucoup plus lyrique quand il évoque les femmes, toutes les femmes : la première : sa mère, ses tantes dont Ommi Khadouja, la merveilleuse raconteuse d'histoires et puis les jeunes filles aimées de loin jusqu'à son épouse et ses maîtresses. L'auteur trouve des mots somptueux pour évoquer l'amour charnel, d'une poésie puissante et magnétique.

   Ce livre m'aura ouvert les portes d'une ville extraordinaire, reconstituée par la magie de l'écriture. Ali Bécheur évoque les nuits où, petit garçon, il était blotti dans le lit près de Khadouja, à écouter les contes qu'elle déroulait pour lui comme un tapis magique sur lequel il s'évadait. Il écrit que ces moments lui ont fait comprendre que "Derrière le monde se cachait un autre monde, il suffisait d'en pousser la porte. Un monde surgi de mots égrenés, de silence, de nuit, une architecture impalpable plus réelle que la réalité même".

   C'est bien ainsi que je conçois la littérature. Pendant quelques soirées, je n'étais plus dans mon Trégor d'adoption mais dans le Tunis sensuel de l'auteur...

J'ai découvert, grâce à ce prêt  non seulement un auteur mais aussi les éditions elyzad, repérables à leurs couvertures colorées.

Publié dans romans d'exception

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Yv 04/07/2010 20:40


J'aime beaucoup cet éditeur. Ce que j'ai lu chez eux est excellent. Et en plus leurs livres sont beaux.


Armande 04/07/2010 22:10



Je l'avais remarqué sur ton blog ! C'est vrai que les couvertures sortent de l'ordinaire.



Gwenaelle 04/07/2010 16:11


Yeess! Je suis ravie que cela t'ait plu. On a envie d'aller y faire un tour dans cette Tunis de papier, n'est-ce pas? Et moi aussi j'ai aimé le récit de cette cohabitation entre toutes les
confessions... Et tant d'autres choses! Bon dimanche (enfin, ce qu'il en reste...)


Armande 04/07/2010 22:09



C'est vrai qu'on a envie de flâner dans les rues de ce Tunis de papier mais c'est plus facile dans celles de Brest ;-)



clara 04/07/2010 15:39


En effet, ça m'a tout l'air d'une belle lecture !


Armande 04/07/2010 15:58



L'écriture est assez enchanteresse (et c'est une litote...)