Le sparadrap du capitaine Haddock

Publié le par Armande

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 Le sparadrap du capitaine Haddock ou comment une fausse "bonne idée" peut lasser le lecteur...

 

   Marina Lewycka annonce la couleur dès le titre : Des adhésifs dans le monde moderne". Il s'agit du titre de la revue scientifique à laquelle l'héroïne collabore et des théories qu'elle développe sur ce qui peut lier les êtres, les rapprocher, osons le mot les COLLER ! Le procédé littéraire fait sourire au départ, la malheureuse journaliste dont le mari s'est carapaté pense beaucoup aux adhésifs et échafaude des plans soit pour recoller les morceaux avec son ex, soit pour le scotcher sur la lunette des toilettes à l'aide d'une glu extra-forte et ainsi l'humilier de la pire des manières... A la fin, cette histoire de colle devient comme le sparadrap du capitaine Haddock, un "truc" parasite dont il est impossible de se débarrasser. C'est un peu comme si j'écrivais "Des crêpes dans le monde moderne", je suis certaine de finir par vous gaver !

 

   Mis à part mon overdose de colle (au sens figuré, bien évidemment), j'ai lu avec plaisir ce gros pavé qui a néanmoins un deuxième inconvénient majeur. Georgie, notre spécialiste es adhésifs a la quarantaine et un ado de 16 ans. Le terrible effet miroir a encore frappé ! Je suggère un petit sigle discret sur les couvertures des livres (un pictogramme représentant une mère énervée et un ado avachi) qui me permettrait de passer au large. Avis aux éditeurs...

 

   Revenons à nos moutons ou plutôt à nos chats. Georgie habite depuis peu Londres et se retrouve bien seule après le départ de son mari et la mise en place de la garde alternée pour son ado, Ben. Elle fait la connaissance lors d'une promenade dans son quartier de Mrs Shapiro, une vieille dame qui farfouille dans les poubelles, habite une grande demeure délabrée qui l'abrite, elle et ses sept chats aussi mal embouchés les uns que les autres. En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, notre quarantenaire doit prendre en charge la mamie, veiller à ce que des agents immobiliers peu scrupuleux ne vendent pas la maison et nourrir le horde sauvage de félins ! La pauvrette tient le coup grâce au soutien de quelques verres de Rioja et quelques séances torrides avec Mark Diabello, un conseiller immobilier chafouin mais imaginatif dans les jeux de l'amour... Le lecteur ne s'ennuie pas, surtout que Naomi Shapiro parle comme la grand-mère dans le film Rabbi Jacob : "Le manteau de fourire..."

 

   Peu à peu, Georgie découvre le passé de Naomi et j'ai trouvé la leçon d'histoire un peu appuyée. L'héroïne découvre avec effroi les origines du conflit israélo-palestinien. Elle a même les deux points de vue puisqu'elle recrute sans le savoir un artisan palestinien pour des travaux d'urgence dans la vieille maison et que survient l'héritier de Naomi, Israélien "bon teint". Les deux hommes ont perdu des personnes chères et ont des raisons de se haïr mais la testostérone aidant, ils parviennent à s'entendre autour d'un barbecue, activité masculine s'il en est.

 

   Je ne me suis pas ennuyée une seconde pendant ma lecture mais ce roman me semble moins abouti que les deux précédents de l'auteur. Il me semble fait de morceaux parfois disparates pas forcément très bien collés...

 

PS : j'adore la couverture !

 

dialogues

 

 

  

Publié dans littérature anglaise

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Leiloona 10/04/2011 16:57


Je le lirai, pour l'auteur et la couverture ! ♥


Armande 14/04/2011 18:03



Je suis moi aussi une inconditionnelle de l'auteur et des CHATS !



juliette 06/04/2011 21:40


C'est mon Chatchou qui a servi de top model pour la couv'


Armande 07/04/2011 07:37



C'est lui le gagnant du casting ! Félicitations ! Mes deux chattes n'ont pas été retenues, trop la dégoûte !



Yv 06/04/2011 15:27


Me gaver avec de crèpes, moi je signe tout de suite. Moins avec du sparadrap !


Armande 06/04/2011 20:55



Tu finirais par te lasser ;-)