De ma fenêtre, je vois...

Publié le par Armande

 

  Gwen nous propose ce dimanche de décrire ce que l'on voit de notre fenêtre...

 

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   J'aime regarder le jardin par la baie vitrée de la cuisine. Chaque matin, je salue l'arbre en forme de lyre et mon mimosa, promesse de lumière et d'enivrants parfums. Ils séparent mon domaine de celui de ma voisine et tiennent compagnie sur le talus à de braves châtaigniers aux bogues redoutables pour mon chien étourdi.

   Il m'arrive de rester assise longtemps à table, bien après la fin du repas à observer le massif qui borde la terrasse. Ce massif a une histoire, l'histoire de notre installation dans cette maison. Au printemps et à l'automne, je me promène chez les pépiniéristes, l'oeil aux aguets pour trouver la plante qui viendra compléter ma composition. Je réfléchis, je cogite, je tergiverse, caressant au passage des feuilles duveteuses ou me laissant éblouir par des fleurs aux couleurs somptueuses. Je voudrais que ce massif soit harmonieux, mélange d'annuelles et de vivaces, de plants rustiques et d'autres à l'élégance raffinée. J'aime le voir évoluer au fil du temps, annoncer les beaux jours et offrir au soleil de l'été tout son éclat et surtout servir de garde-manger et d'aire de repos aux oiseaux.

   Bien au chaud derrière la fenêtre, je m'amuse du manège des mésanges bleues qui sont souvent culs par dessus tête. Elles se montrent redoutables avec les malheureux moineaux qui s'aventurent sur ce qu'elles considèrent comme leur territoire. Tiens, j'aperçois le jabot lumineux d'un rouge-gorge aux plumes toutes ébouriffées. Il convoite les miettes de pain que ma fille a dispersées près de la porte d'entrée, avant de partir au lycée. De temps en temps, une bergeronnette grise nous fait le plaisir d'une petite visite. Gracieuse et énervée, elle prend à peine le temps de se poser avant de s'en aller vers un ailleurs que je ne connais pas.

   Contempler cet univers aux bornes familières m'apaise, me permet pour quelques courts instants de me sentir à ma place dans un monde qui souvent m'effraie.

 

 

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