De la simplicité nait la beauté...

Publié le par Armande

 

rosa candida

   

rose    Difficile de cesser pour un moment d'être un lecteur critique qui analyse chaque phrase tout en avançant dans le récit... Et pourtant ce petit miracle arrive quelquefois. On se laisse emporter par l'histoire et les pages défilent dans un absolu bonheur. "Rosa candida" a eu cet effet sur moi. Je savais par le bouche à oreille que ce roman avait plu à beaucoup mais je m'étais gardée de lire le moindre article à son sujet. C'est donc sans aucun a-priori que j'ai suivi le héros Arnljotur de sa lointaine Islande à ce que j'imagine un monastère italien. Le seul indice qui permette de situer l'action en Italie est l'amaretto et comme l'auteur nous laisse libre de la géographie : je décide que sa terre d'élection est ce pays que j'aime tant . Arnljotur, surnommé Lobbi par son père, a rejoint ce monastère car s'y trouve une roseraie magnifique, une référence dans tous les manuels d'horticulture, presque une légende. Sa mère, décédée un an auparavant dans un accident de voiture, avait la passion des roses et était parvenue à acclimater une rose au rude climat islandais : une rose d'une espèce unique que son fils veut planter dans "ce jardin extraordinaire". Il quitte l'Islande, son père âgé, son jumeau autiste et Flora Sol, le bébé né d'une étreinte furtive avec Anna, l'amie d'un ami. Il a vingt-deux ans et ne sait plus où il en est.

   Engagé comme jardinier au monastère, il rend jour après jour à la roseraie sa beauté d'antan . Il débroussaille, ordonne aussi bien au propre qu'au figuré. Ce séjour à l'étranger lui permet de faire le point, de mettre de l'ordre dans son esprit confus. Frère Thomas, un moine cinéphile l'aide à sa façon. Il a toujours un film d'art et d'essai qui répond aux questions que se pose notre jeune homme ! Surviennent dans sa paisible retraite Anna et Flora Sol... La jeune maman voudrait confier à Lobbi leur petite fille, le temps pour elle d'achever son mémoire sur la génétique.

   L'air de rien avec une délicatesse infinie, Audur Ava Olafsdottir nous parle du sens à donner à notre vie, de la mort et de l'absence, des différences qu'il faut savoir assumer, de la difficulté de grandir et de trouver sa place dans la société. Le style n'est pas immédiatement remarquable mais parfois de la simplicité nait la beauté.

   Cette roseraie imaginaire va occuper une place de choix dans ma mémoire. D'ailleurs, il me tarde déjà de me promener dans ma pépinière préférée histoire de trouver ma Rosa candida, celle qui m'attend, celle qui va s'épanouir dans un massif de mon jardin.

 

Publié dans romans d'exception

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midola 26/01/2011 19:44


Une belle lecture pleine de finesse et belles images.


Armande 27/01/2011 07:48



Je suis d'accord, tout est dit sans être dit, du grand art !



Karine:) 24/01/2011 00:56


C'est étrange, j'entends des avis charmés... et des avis très ennuyés. Du coup, il va falloir que je me fasse ma propre opinion au sujet de ce livre qui fait définitivement beaucoup parler de lui.


Armande 25/01/2011 10:49



Je fais partie des charmées !



Yv 18/01/2011 10:53


Je fais comme toi, je lis les billets sur ce livre en travers, très vite pour mieux l'apprécier lorsqu'il tombera dans mon escarcelle.


Armande 18/01/2011 16:42



En revanche, une fois ma lecture terminée, je fais la tournée des blogs que j'aime pour parcourir tous les articles sur le roman. Cela prolonge le plaisir de la lecture.



Anne 18/01/2011 10:20


Joli billet et joli souvenir de lecture !


Armande 18/01/2011 16:42



Très joli livre surtout !



Lilibook 17/01/2011 20:33


Inscrit à ma lal depuis sa sortie. J'ai hâte de le lire.