Chef de Jaspreet Singh

Publié le par Armande

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 Avant la lecture de ce roman, le Cachemire m'évoquait moins un pays qu'un tissu avec un motif très caractéristique: le paisley.

L'histoire débute en 2006 et le narrateur, le sikh Kirpal Singh, reçoit dans le même temps deux nouvelles : l'annonce qu'il souffre d'une tumeur incurable au cerveau et le mariage prochain de la fille de son ancien employeur le général Kumar. Celui-ci lui demande de quitter Delhi pour quelques jours et de revenir à Srinagar au Cachemire pour préparer le repas de noce de Rubiya.

Kirpal, surnommé Kip, prend le train et traverse l'Inde pour répondre à cet appel qu'il attend depuis quatorze ans, depuis qu'il a quitté l'armée, écoeuré par la découverte de certaines pratiques des militaires indiens pour faire parler leurs prisonniers pakistanais.

Dans ce train, il se remémore ces cinq années au Cachemire et son apprentissage en cuisine sous la férule du chef cuisinier Kishen. Pour ces deux hommes, la préparation d'un plat relève d'une alchimie, d'une alliance entre les différents ingrédients qui doivent cohabiter sans chercher à se dominer. En cuisine, cette entente entre les aliments est une recherche perpétuelle. Cette recherche n'est pas s'en évoquer la situation du Cachemire qu'Indiens hindouistes et Pakistanais musulmans se disputent. L'entente entre les hommes semble bien plus difficile à obtenir.

A la suite d'un propos malheureux, Kishen a été rétrogradé et a dû partir pour le glacier de Siachen. Kip a pris sa place et a assisté, témoin impuissant, aux tentatives des plus hauts gradés pour stabiliser la région et pour quelqu'uns pour se remplir les poches sur le dos des soldats.

La description de la vie des soldats indiens et pakistanais sur ce glacier est terrible. Les deux camps vivent et se battent dans ce milieu inhospitalier, dans ce désert blanc où les températures descendent jusqu'à -59°. Le froid, l'altitude, la peur rendent les hommes fous et ils en viennent aussi à douter du bien-fondé de leur mission.

Le rythme de ce roman est lent, peut-être que certains le jugeront trop lent. L'écriture ne cherche pas à épater non plus son lecteur. Personnellement, j'ai aimé ce récit où une tristesse sourde, une nostalgie prégnante se dégagent pratiquement à chaque page. Ce voyage à rebours d'un homme en fin de vie est un appel à la paix pour le Cachemire, un appel faible, ténu mais entêtant...

 

dialogues

Publié dans littérature indienne

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Aifelle 23/02/2011 20:20


Il y a si peu de livres sur cette région du monde que çà donne envie, même s'il est lent. Ce n'est pas forcément un défaut.


Armande 24/02/2011 07:41



C'est effectivement un bon moyen de découvrir cette région et ce conflit meurtrier.



kathel 23/02/2011 15:33


Tu sais que tu me donnes tout à fait envie de le lire ? Je prends note !


Armande 23/02/2011 18:03



C'est un beau roman !



Gwenaelle 23/02/2011 13:46


Mais au départ, avoue-le, c'est le titre qui a attiré ton regard! ;-)
Nostalgie, tristesse... pas pour moi en ce moment.


Armande 23/02/2011 18:02



Oui, je l'avoue volontiers ;-) Je me doute que toi actuellement, c'est bonheur, joie, félicité et roucoulements énamourés...