Best love Rosie de Nuala O' Faolain

Publié le par Armande

Mon premier livre de la liste Blog o trésors

Il m'est difficile d'écrire sur ce roman  tant les entrées sont nombreuses :
-  parler de Rosie, de son blues de la cinquantaine et de sa recherche de ses racines
-  parler de Min, sa tante qui l'a élevée et qui à 70 ans, quitte l'Irlande pour vivre le "rêve américain"
- évoquer l'Irlande, ce pays où certains personnages dépérissent tandis que d'autres reprennent goût à la vie
- évoquer simplement le rapport quasi charnel que Rosie entretient avec la nature qui entoure Stonetown, le hameau familial.
Toutes ces approches sont intéressantes mais déborderaient largement le cadre d'une chronique sur un blog, où le format court reste le meilleur à mon avis.

Je ne parlerai donc que du projet "littéraire" de Rosie : rédiger dix pensées positives sur la cinquantaine !


Ce projet a germé dans l'esprit de l'héroïne alors qu'elle cherchait un livre pour sortir sa tante Min de la dépression. Sur Internet, elle avait même trouvé "une liste de bonnes résolutions à suivre pour maîtriser la dépression" et s'était empressée de les tester sur sa tante.

" J'ai commencé la leçon.
"Bon. Résolution numéro 1 : M'appliquer à exploiter mes forces et non à expier mes faiblesses.
- D'accord, a fait Min au bout de quelques secondes. Mais de quelles faiblesse elle parle, la personne qu'a écrit ça ?
- Toutes celles qu'on peut avoir. Quelles sont les tiennes ?"
Il y a eu une pause plus longue.
" Elle parle quand même pas de faiblesses, a repris Min d'une voix hésitante, comme, par exemple, ma faiblesse pour le beurre sur les patates ?
- Non, ai-je répondu. Je ne crois pas. Mais laissons celle-là, si tu veux, et passons à la suivante. Me demander chaque jour "De quoi ai-je besoin ? et faire un pas pour satisfaire ce besoin."
- En voilà une qui me plaît ! s'est-elle écriée avec enthousiasme. Disons que j'ai besoin d'emmener Bell  ( Il s'agit d'une chatte) chez le véto, je pourrai te demander d'appeler pour prendre rendez-vous !
- Bell a un problème ?
- Non . Pas vrai, Bella ? Ne te cache pas sous les draps, Bella. Viens ici que je puisse te voir.
(...)
Bref, voici la dernière résolution : Savoir dire NON, à moi-même parfois et aux autres bien plus souvent.
- Non, a fait Min.
- Non quoi ?
- Non à la bourrique qu' a inventé ces règles. Non elles valent pas un sou. Non je vais pas les suivre.
- Bravo ! ai-je crié en dansant autour du lit. Bien parlé, camarade !"

Rosie se met en tête d'écrire un recueil de pensées plus intelligentes que celles dénichées sur Internet et collabore avec un vieil ami ,Markey, devenu libraire en Amérique pour rédiger celles-ci. Elle lui soumet dans un mail quelques titres pour son futur "chef-d'oeuvre"

" De RosieB à MarkC (envoyé à 12h30)
Pourquoi pas "Réflexions d'une femme d'expérience sur la maturité ? Ou, comme je ne peux pas écrire ce qui précède sans chausser mes lunettes, Les  années douces-amères? Ou, si tu trouves ça trop sinistre, Le Manuel du bien vieillir ? Ou alors - pour jouer carte sur table - Savoir gérer la cinquantaine ? Dans un autre ordre d'idées, est-ce que Le Milieu du gué ne ferait pas un bon titre ? Après tout, ce qui caractérise ces années-là, c'est la conscience qu'on n'a plus toute la vie devant soi.

De MarkC à RosieB (envoyé à 12h40)
Laisse tomber la sinistrose européenne ! Encore un peu et tu citeras Sam Beckett. J'ai discuté avec les femmes qui servent le café dans le hall d'expo; elles ne sont plus de la prime jeunesse, mais elles disent qu'elles ne se sont jamais autant amusées. Il vaudrait mieux quelque chose du genre : 50 ans et plus : la chance de votre vie !"

Ce beau projet tournera court... pas tout à fait cependant car Rosie va percer dans le marché du torchon avec proverbes !  Ses pensées raccourcies et dopées à la joie de vivre vont orner les cuisines des ménagères américaines. Pour le coup, on peut vraiment parler de "littérature alimentaire". Mais qu'importe, en l'espace d'une année en Irlande, au fil des saisons, Rosie aura appris seule et parfois dans la douleur comment affronter la vieillesse à venir. Elle en est arrivée à cette magnifique conclusion.

 

" La pensée numéro 10 aurait dû porter sur l'amour. L'amour est central. Souviens-t'en, maintenant que, toi aussi, tu dois recommencer. Souviens-toi de la manière dont ils s'aimaient, de la manière dont ils t'aimaient, et songe à tous les types d'amour qui existent. Tu ne peux pas ravoir ce que tu as eu - rien de ce qui a été ne peut revenir à l'identique. Mais il n'y a pas que les papillons, les flocons de neige, les vagues ou les étoiles qui soient uniques dans leur multiplicité. L'amour que l'on donne et que l'on reçoit revêt une infinie variété de formes et de figures. Qui sait à quoi il ressemblera la prochaine fois ? N'oublie pas ça."

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Aliénor 02/02/2009 14:01

Ce livre est dans ma PAL depuis peu.

Armande 02/02/2009 18:29


J'espère qu'il occupe une place au sommet de la pile, c'est une lecture prenante !


Manu 01/02/2009 11:01

Bon, je suis vraiment une des rares qui n'a pas été charmée, alors ?

sentinelle 29/01/2009 20:34

Toi aussi tu as succomber alors ;-)

Armande 30/01/2009 09:20


Oh oui, c'est un roman foisonnant et riche en humanité !


Florinette 29/01/2009 11:14

Oh là là, il me tarde de le découvrir maintenant !!!!

Armande 29/01/2009 16:08


Hé, hé, hé... Je n'ai écrit cet article que pour mieux te torturer mon enfant ! L'attente maintenant va devenir insupportable. C'est dommage que l'écrit ne puisse retranscrire mon rire
machiavélique qui est assez réussi ma foi...


keisha 29/01/2009 08:36

Aaaaah! Tu as aimé j'espère ? Rien qu'à lire les passages cités, j'en redemande!

Armande 29/01/2009 09:50


Aimé, tu veux rire ! Adoré oui !