Une enfance ch'ti de Jean-Luc Loyer

Publié le par Armande

Il y a des hasards heureux ! Quelques jours avant Noël, mademoiselle Cadette et moi errions à l'Espace Culturel de Lannion, à la recherche du "Saint Graal" : un cadeau pour son père qui fasse "super" plaisir à celui-ci et soit "super" bon marché pour rentrer dans son petit budget. Et là, je tombe sur cette BD, qui en réunit en fait deux : "Les mangeurs de cailloux", parue en 1998 et "La boîte à un franc", parue en 2000. Mon mari étant originaire du Nord, le cadeau paraissait s'imposer! Surtout qu'après tractations, mademoiselle Aînée s'associa au projet et y apporta sa contribution sonnante et trébuchante.
Ces deux bandes dessinées, en noir en blanc, évoquent avec tendresse et poésie l'enfance de l'auteur. Il se défend dans un post-scriptum d'avoir écrit un chef-d'oeuvre, à tout le moins je dirai qu'il a écrit et dessiné une petite merveille d'humanité.

"Je dois vous l'avouer. Je ne suis qu'un modeste dessinateur et je n'ai aucunement la prétention d'avoir écrit un chef-d'oeuvre sur lequel il est nécessaire de revenir encore et encore. Loin de moi cette idée. Mais ce récit me hante. Et pour cause. Comment se raconter, comment écrire sur son enfance sans jamais dire que l'on est passé à côté de certaines choses, d'images et d'émotions ? Comment, en quelques cases, faire revenir du passé ces fantômes qui nous hantent, et les coucher sur quelques planches...
Evidemment, je ne pourrais pas vous apporter de réponses à ces questions-là. En revanche, je peux vous ouvrir mes cartons à dessins et partager, pendant quelques instants, quelques photos. Encore une fois, c'est sans prétention ni fausse modestie que je le fais.
Simplement pour évoquer cette époque qui nous différencie tant et pourtant que nous avons en commun : l'enfance"

L'enfance, pour Jean-Luc Loyer, c'est Hénin-Liétard, cité minière où le charbon nourrit et détruit à la fois les hommes. Ce sont des oncles qui racontent des histoires qui font peur, mais qui sont capables d'avoir pour lui la plus grande des tendresses, c'est un père que la maladie emporte trop tôt, ce sont les copains et la copine polonaise, c'est la télé où passent ses séries préférées. Tous les êtres sont décrits avec le regard que peut porter sur eux un enfant, et cela sonne juste, jusqu'à serrer le coeur du lecteur qui retrouve des pans entiers de son enfance à travers ce livre.
Tout le monde connaît "Bienvenue chez les ch'ti" ! Ne restez pas uniquement sur cette vision du Nord, suivez le guide et découvrez grâce à ce dessinateur une région qui l'a façonné et qui mérite mieux que les clichés véhiculés actuellement.

Publié dans bandes dessinées

Commenter cet article