Volkswagen blues

Publié le par Armande

C'est l'histoire d'un vieux volkswagen, qui va transporter ses trois passagers( Jack, écrivain en mal d'inspiration, la grande Sauterelle, jeune métisse à la recherche de son identité et Chop Suey, chaton noir et mascotte )de Gaspé au Québec jusqu'à San Francisco. L'objet de de leur périple est de retrouver Théo, le frère aîné de Jack dont celui-ci a perdu la trace depuis une vingtaine d'années. Ils vont mettre leurs pas dans ceux du frère disparu et constaté que ce chemin est celui des pionniers qui ont suivi la piste de l'Orégon. Grâce à un livre "emprunté" dans une bibliothèque "The Oregon Trail revisited", nos deux héros vont revivre au fur et à mesure de leur avancée vers San Francisco  les espoirs et les déconvenues des pionniers.
Au bout de la route les attendra un Théo bien changé mais Jack n'en sera pas affecté. Il aura appris au fil des kilomètres à se détacher de ce grand frère qu'il avait idéalisé et peut-être aussi d'une enfance qu'il ne voulait pas quitter. Dans le roman, il passe beaucoup de temps lové au fond de son sac de couchage, tel un papillon dans sa chrysalide. Et un jour, il accepte de sortir de ce cocon protecteur et d'accepter de vivre vraiment au lieu de se réfugier dans la fiction (il dit lui-même qu'il écrit au lieu de vivre) ou dans ses souvenirs d'enfant.
La grande Sauterelle est un personnage encore plus attachant, jeune fille sauvage, éprise de littérature, de poésie, de chansons. Comme Jack, elle semble vivre en marge de la société, écartelée entre ses racines indiennes et blanches. Le long trajet en compagnie de Jack, les personnes rencontrées lui auront permis au cours de discussions passionnées de réconcilier un peu les deux parties d'elle-même.
L'écriture de Jacques Poulin, auteur québecois, est très simple. Peu de choses sont dites, beaucoup sont suggérées. N'hésitez pas à prendre la route avec ce trio attachant....
Grande rêveuse moi-même, j'ai aimé cette phrase que la grande Sauterelle adresse à Jack. Elle vient de passer l'après-midi à contempler le fleuve et les îles près de Rockport. Son compagnon n'a pu lui tirer un mot ni la faire participer à la moindre activité. Il semble chagriné, elle lui dit: "Les rêves sont comme des îles. Alors on est tout seul quand on rêve et ça ne peut être autrement. Vous comprenez ?"

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Cathe 25/08/2008 15:32

Je suis une inconditionnelle de Jacques Poulin... Je vois que tu as aussi beaucoup aimé :-)