est chargé de vous annoncer une pause printanière sur le blog de Dame Armande !
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J'accepte bien volontiers les romans qui font une petite pause dans le Trégor...
J'appartiens au club des lecteurs de la librairie brestoise Dialogues
est chargé de vous annoncer une pause printanière sur le blog de Dame Armande !
j'en ai vu un sur Internet, réalisé par un mari pour sa femme qui participe comme moi au Gipsy Green World. Je suis sûre que tu pourrais me faire un pupitre et même un avec des options en plus. "
Cela s'appelle caresser la bête dans le sens de poil et avec mon père cette technique est efficace. La preuve, il m'a répondu :
" T'as des photos au moins de ton machin ?"
Ni une, ni deux, photos en mains, le cerveau du bricoleur s'est mis en action et quelques jours après, Armande pouvait travailler devant son pupitre ! Il me manque que le coussiège pour avoir l'air d'une dame du temps jadis ;-)
PS : Tiens, Papa, à propos de coussièges, j'ai photographié ceux du château de Nantes, tu me fais ça pour le week-end prochain ?
" because I cried a river over you !". Je reprendrai volontiers à mon compte cette chanson, surtout avec la voix de la sublissime Ella Fitzgerald pour indiquer à l'auteur, Julia Glass, que sa fin est une horreur pour lectrice sensible !
Cela faisait déjà quelques soirées que je passais du bon temps avec Louisa et Clem, deux soeurs aux caractères et aux parcours très différents. La narration me permettait de me glisser tour à tour dans les pensées de l'aînée, Louisa, et de rêver avec elle d'un grand amour et d'une percée dans le milieu de l'art, et dans les pensées de Clem, la casse-cou, spécialiste des espèces en voie de disparition (oiseaux, ours, adolescents maîtrisant l'orthographe...). Nous allions notre petit bonhomme de chemin, de l'enfance où l'on se dispute les faveurs des parents à la trentaine, âge des premiers bilans.
Ce que j'aime chez Julia Glass, c'est la profonde empathie qu'elle éprouve pour ses personnages et qu'elle communique à ses lecteurs. Elle excelle aussi dans les seconds rôles comme la mère des deux héroïnes,qui élève des chiens pour la chasse à courre et ne jure que par le patrimone génétique ou Zip, l'un des petits copains de Clem, qui a la zen attitude poussée à l'extrême. Leur romance ne durera d'ailleurs qu'un temps pour une raison simple énoncée par Clem :
" J'ai tâté du yoga, mais chaque fois que je me regardais dans la glace en bretzel vêtu de lycra, je me disais : qui suis-je censée abuser ?"
J'étais donc tranquillement installée dans l'histoire quand l'auteur, avec un art consommé, a déclenché mes glandes lacrymales qui ont refusé de se tarir avant une heure avancée de la nuit. Les derniers chapitres sont bien écrits, pas de pathos, non de l'émotion brute, des interrogations, de la douleur et une lectrice sonnée...
Un roman riche en émotions, qui m'a rappelé ma relation avec mes soeurs et celle que mes deux filles entretiennent ...
Sujet proposé par Gwen :
Bonjour les amis!
Je pense qu’il y a parmi vous des amateurs de thé…
J’en fais partie aussi et j’en bois plusieurs tasses par jour. J’ai donc décidé, ce dimanche, de jouer avec quelques noms de thé glanés dans le catalogue de Mariage Frères. A vous de les utiliser pour nous en faire un texte. N’importe quel type de texte… J’ai décidé d’être ouverte à toutes les propositions aujourd’hui! Et que les adorateurs du dieu Café (n’est-ce pas, Armande?) ne soient pas en reste… Ils peuvent jouer aussi!
Il y en a 15, vous devez en utiliser au moins 10.
Mon texte :
« Trois noix »
Les séances de brainstorming, c'est ce que je hais le plus dans le métier... avec le café dégueu de la machine, les bavardages ineptes des rédactrices de mode et leur regards goguenards sur mon confortable 42, le fait de devoir loger à Paris dans un appart taille XXXS avec un balcon ridicule où mes plantes endurent air pollué et fientes de pigeons... M'enfin, ma situation au magazine Elle rend ma mère fière de sa progéniture, même si je m'occupe uniquement de la rubrique jardin, le parent pauvre du journal, où je m'évertue à rendre branchée la pratique du potager ! La rédactrice en chef me le rappelle sans cesse : « Armande, n'oubliez pas les ongles ! Les activités que vous proposez doivent être compatibles avec une manucure parfaite ! ». Autrement dit , jardiner sans mettre les mains dans la terre, hyper pratique.
Revenons à la séance du jour : Avril est le mois du renouveau, de la vitalité, des beaux jours qui reviennent, le magazine doit refléter cette ambiance et en plus, cherry on the top : promouvoir le nouveau parfum de la maison Cacharel. On ne rigole pas là-dessus, ils payent bien, très bien. Je m'installe dans un petit coin de la salle de réunion et j'assiste de loin à la tempête d'idées qui sévit autour de la table ronde.Il s'agit ni plus ni moins de trouver un nom au dernier né du parfumeur : redoutable honneur !
Cynthia, de la rubrique cosmétique, se lance : « Fleur de désir » ou alors « Elixir d'amour ». Waouh, c'est beau comme du Harlequin ! Marie-Charlotte, rubrique voyage, qui revient de Bombay nous balance « Maharadjah » ou « Exposition coloniale ». Eh , Cocotte, un peu passéiste non ta vision de l'Inde ? C'est d'ailleurs la remarque que lui adresse Sylvie, la rédac chef. Marie-Charlotte touille rageusement son café machine pour bien dissoudre sa sucrette et boude ostensiblement. Tiens, mais c'est notre spécialiste des jeux vidéo qui demande la parole, un des rares spécimens masculins dans ce monde d'amazones. Tu vas te faire écharper mon petit Pierre : « Guerriers » ou « Duvet de dragon » ? Je m'étrangle avec ma salive et manque m'étouffer. Personne ne s'intéresse à mon sort. Il semblerait que le concept soit intéressant : le duvet pour la douceur et la féminité, le dragon pour le côté masculin que tout femme dissimule... Pas le temps de s'attarder sur cette réflexion de haute volée, Adélaïde de la rubrique « traditions » nous assène un « Grands Augustins » de derrière les fagots. Il paraîtrait que la fête de Saint Augustin tombe en avril. Adé, tout le monde n'a pas fréquenté l'école du dimanche ni tenté le pélerinage de Saint-Compostelle, arrêté, il est vrai à mi-chemin en raison d'une rupture de stock de Compeed.
Je me gondole peu discrètement et l'assemblée de tourne vers moi. Sylvie esquisse son sourire n°3 : le carnassier. « Et si tu nous proposais un nom : géranium, thym ou marjolaine... et pourquoi pas pétunia ? » Elle prononce les mots de telle manière qu'on dirait qu'ils sentent la bouse de vache. Sale bête ! En attendant, mon cerveau mouline dans le vide. Dans ces moments de panique intense, je fredonne quelques classiques jazzy: « Fall in love », « Moon Palace ». Vite, vite, un truc, n'importe lequel... Je farfouille nerveusement dans ma besace à la recherche d'un mouchoir pour essuyer mon front qui ruisselle (le brainstorming, ça donne chaud) et je tombe sur mon paquet de gâteaux préféré... Je lance avec l'énergie du désespoir un tonitruant « Mikado ». Sylvie me regarde avec respect, se tourne vers la bande de hyènes, étourdies par mon éblouissante sortie. « Mikado, ça sonne bien, c'est jeune, dynamique ! » s'extasie notre hyène en chef. Armande, laisse tes plantes pour quelques jours, je te charge du projet. Tu présenteras ta maquette jeudi à l'attaché de presse de chez Cacharel.
Glups ! J'aurais dû tenir ma langue ou fouiller dans une des poches de ma salopette. J'y aurais trouvé « Trois noix », mon petit doigt me dit que si j'avais suggéré ce nom, je serais dans une tout autre situation...
Comment parler de ce roman foisonnant, qui part un peu dans tous les sens, musarde en chemin sans jamais lasser son lecteur ?
Démarrons par le plus simple, le narrateur qui ressemble fort à l'auteur entreprend d'écrire un roman d'amour. Problème, nous sommes en Iran où les hommes et les femmes ne sont pas supposés établir le moindre contact avant le mariage, arrangé bien sûr par les familles. Notre écrivain va tenter de contourner cette difficulté et ces deux tourtereaux imaginaires jouent au chat et à la souris avec les patrouilles qui arpentent Téhéran, à l'affût du moindre rapprochement stratégique entre jeunes gens !
La trame du roman est originale, le roman d'amour s'écrit sous nos yeux, souvent coupé par des remarques de l'auteur sur ce qu'il vient de rédiger ou de censurer. Le texte qu'il supprime est barré mais encore nettement lisible. Dans un pays où tout geste est suspect, chaque mot doit être pesé ! Deux personnages de sexe opposé, qu'aucun lien familial n'unit, ne peuvent se tenir seuls dans une pièce. Imaginez quelles folles pensées pourraient traverser leur esprit ?
J'ai trouvé à la fois savoureux et dramatique le dialogue permanent que l'auteur entretient avec la personne chargée de la censure des oeuvres littéraires. Ce redoutable M.Petrovitch voit le mal partout et poursuit l'écrivain de sa paire de ciseaux "castratrices". Pas de seins, de cuisses ! Mais pas non plus de de cheveux, de lèvres, de joues roses ou de regards enfiévrés ! Encore moins de dialogues tendres ! Les amoureux sont censés échanger de plates paroles sous la férule des parents de la jeune fille.
Le roman d'amour avance, les digressions se multiplient et c'est l'histoire de l'auteur et de l'Iran qui nous est narrée. Shahriar Mandanipour aime son pays, son passé glorieux et ses poètes anciens. Il ne peut que rire à défaut de pleurer de ce qu'est devenue sa patrie. Peu à peu aussi, tout s'interpénètre, la fiction et la réalité n'ont plus de frontières nettes et l'odieux M.Petrovitch tombe même sous le charme de l'héroïne du roman d'amour, Sara !
J'ai beaucoup aimé ce roman, critique assez féroce du régime iranien. L'auteur a choisi de nous embarquer dans une histoire un peu folle, pleine d'humour et de fantaisie qui dénonce par le rire l'absurdité de la situation actuelle en Iran.
Je vis par procuration la grande aventure de Madame Zaza qui vient d'ouvrir à Nîmes une très jolie mercerie créative ! Moi aussi, je rêve en secret d'ouvrir un lieu sympa pour passionnées de laine, de fils, de soie... Elle se lance même dans une formule de tricot-thé. Si vous avez la chance d'habiter près de cette caverne d'Ali-Baba, allez faire un coucou de ma part à Isabelle ! Si vous voulez plus de détails, c'est par ici .
Tous les lecteurs au long cours connaissent ces périodes contrastées : le calme plat où les romans s'enchaînent sans qu'aucun ne nous fasse vraiment vibrer et la joyeuse effervescence où les romans se succèdent, aussi captivants les uns que les autres. Actuellement, j'ai la baraka ! Je viens de terminer "Il pleut sur Managua" dans un état d'euphorie. Ce polar de Sergio Ramirez nous transporte au Nicaragua et dès les premières pages, on se surprend à tranpirer avec le héros, l'inspecteur Morales. Il faut dire qu'il fait chaud et moite à Managua et que le seul moyen d'aérer son minuscule bureau, c'est de maintenir l'unique fenêtre ouverte !
Notre homme, ancien guerillero qui a laissé une jambe et pas mal d'illusion lors de la révolution sandiniste, tente d'accomplir au mieux sa mission dans une société gangrénée par les narco-trafiquants. Heureusement pour lui, il n'a pas à mener ses enquêtes seul, il peut compter sur l'aide de sa femme de ménage, inénarrable Dona Sofia, ex-rebelle comme lui, reconvertie dans le balai et la serpillière. Que ferait l'inspecteur sans ses conseils avisés et ses "infiltrations" en milieu ennemi. Et n'oublions pas le lieutenant Dixon, fidèle comparse, plus que frère, qui termine ses mails à Morales par des bisous !
Notre trio se voit confier une affaire bien embrouillée : un yacht abandonné à Laguna de Perlas et une mystérieuse malette contenant une robe de mariée et dans la doublure 100 000 dollars. L'enquête démarre au rythme poussif de la vieille Lada de notre héros et le lecteur lui colle au train, découvrant Managua, ville qui pousse comme un champignon, de manière anarchique, avec ses quartiers riches hyper sécurisés et ses multiples bidonvilles. Les embouteillages permettent à nos personnages de cogiter sur les tenants et les aboutissants de cette affaire qui semble concerner de grands pontes de la drogue. Les dialogues sont souvent drôles et on se prend de sympathie pour cet improbable trio.Je ne vous dévoile pas davantage l'intrigue, ce serait dommage que vous ne preniez pas vous-même votre billet pour Managua...
Merci à la librairie Dialogues pour ce voyage au Nicaragua. Je ne connaissais ni le romancier Sergio Ramirez, ni le pays. J'ai apprécié de faire leur connaissance et vous conseille la lecture dans cet excellent polar !
Gwenni Morgan, la narratrice, est un petit bout de femme particulièrement attachant. Elle a douze ans, des airs de Fifi Brin d'acier, une imagination débordante et s'attire toujours les réprimandes de sa mère qui la juge trop fantaisiste. Dans son petit village du pays de Galles, vers la fin des années 1950, cela ne se fait pas de frayer avec Alwenna, qui habite dans les logements sociaux. Cela ne se fait pas de dévorer des romans alors qu'on pourrait ravauder des chaussettes. Cela ne se fait pas de chipoter dans son assiette et d'avoir des hauts le coeur devant les bas morceaux.
Gwenni a le sentiment qu'elle ne satisfera jamais les exigences de sa mère qui lui préfère ouvertement Bethan, sa soeur aînée, poupée blonde et docile. Notre héroïne s'évade en volant. Chaque nuit, elle quitte le lit qu'elle partage avec l'encombrante Bethan pour survoler la ville et la région et écouter le chant de la Terre, un murmure en si bémol. Elle prend ainsi de la distance avec les adultes dont elle ne comprend pas toujours les agissements, ces grands qui semblent avoir des tas de secrets à cacher. Cette vision d'en haut est bien utile aussi pour son futur métier d'inspecteur de police. Elle va même pouvoir même à profit son "don" pour élucider le meurtre qui met le village en émois : Ifan Evans, le mari de l'institutrice a été assassiné !
Durant l'été de son enquête, Gwenni va basculer de l'enfance à l'adolescence, découvrir les membres de sa famille sous un autre jour, bien cruel parfois. Elle bénéficiera cependant du soutien indéfectible de son Pa, auquel elle ressemble beaucoup.
Mari Strachan nous transporte avec son roman dans la classe populaire galloise, elle en restitue les habitudes, les rites avec des détails criants de vérité. Elle entremêle avec art une description très réaliste et parfois savoureuse du quotidien des habitants de ce village à l'imagination débridée de Gwenni qui entraîne le lecteur dans les étoiles...
Merci à BOB et aux éditions du Nil pour cette lecture qui m'a enchantée
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