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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 09:19
Christine, une amie documentaliste , m'a prêté au mois de juin des romans de littérature jeunesse susceptibles d'être retenus dans le cadre du prix Trégor-ados. J'ai particulièrement apprécié le livre de Claudine Le Gouic-Prieto qui nous raconte le quotidien de Théo, douze ans, handicapé moteur de naissance et interne dans un centre spécialisé. Un jour, il décide de faire la "grève des mercis". En effet, du matin au soir, il les distribue à tout le personnel qui s'occupe de lui: de l'aide-soignante au kiné. C'est un moyen pour lui de franchir une étape, pour ne plus avoir à dire aussi souvent merci, il va devenir de plus en plus autonome de façon à "économiser" les mercis. S'il s'habille seul, il n'a plus besoin de remercier l'aide-soignante qui l'aidait dans cette tâche. Il va aussi apprendre à rendre service aux autres, par exemple participer à l'encadrement des plus jeunes , ce qui lui vaudra des mercis de la part des éducateurs.
Au delà du personnage de Théo, l'auteur évoque l'attitude des parents, de la mère qui ne veut pas quitter son ancienne maison pour une autre, plus adaptée au handicap de son fils. Ce changement permettrait à Théo de ne plus être interne mais sa mère est-elle prête à l'accepter au quotidien? Le père, lui, ne vient que très rarement voir son fils à l'internat. Au départ, le lecteur s'imagine qu'il ne peut assumer le handicap de Théo mais la suite du roman nous montre surtout que lui aurait souhaité garder Théo à la maison et que c'est  la honte d'avoir "placé" son garçon dans ce centre qui l'empêche de venir le voir plus souvent. Claudine Le Gouic-Prieto ne porte pas de jugement à l'emporte-pièce sur les parents, confrontés aux difficultés de leur enfant et à ce sentiment sans fondement mais tenace qu'ils sont "coupables" d"avoir mis au monde un enfant handicapé.
Ce roman, qui ressemble à un journal de bord, nous parle du handicap sans pathos et délivre un message d'espoir: d'ailleurs, Théo, à la fin de l'histoire, va initier un autre garçon au carnet des mercis (le carnet sur lequel il notait au jour le jour tous les mercis qu'il n'avait pas eu à dire et tous ceux qu'il avait reçus .) pour qu'il prenne, comme lui, le chemin de l'autonomie.
Par Armande - Publié dans : littérature jeunesse
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /Juil /2008 11:56


Quelle couverture ! Rares sont les images sur lesquelles je m'attarde plus de quelques secondes. J'achète plus facilement un livre pour son titre que pour sa couverture. Mais, cette photo, pleine de mouvements et de tendresse spontanée a éveillé quelque chose en moi qui est moins du domaine de la curiosité: la photo est suffisamment explicite , elle n'incite pas l'acheteur à prendre ce livre pour connaître le lien entre la couverture et l'histoire elle-même, que du domaine des sentiments, preuve que cette relation mère-fille est toujours pour moi sujet d'interrogation.
L'histoire démarre par un fait divers sordide: une femme est retrouvée assassinée dans son garage. Celle qui découvre son corps, c'est sa fille cadette, l'héroïne du roman. Tout au long de l'histoire, nous assistons à la lente reconstruction de cette jeune femme, qui une année durant va fouiller le passé proche et lointain de sa mère pour peut-être enfin réellement connaître celle-ci.Il aura fallu que sa mère disparaisse pour qu'elle la découvre en tant que personne et pas seulement en tant que génitrice: douloureux paradoxe.
Le roman suit les étapes du deuil mais n'a aucun aspect morbide, de nombreuses anecdotes sur l'héroïne ou sur sa mère prêtent à sourire. La justesse des situations évoquées provoque un effet miroir parfois troublant.
Merci à Luce de m'avoir prêté ce roman de Joyce Carol Oates, un de ses auteurs de prédilection.

Par Armande - Publié dans : littérature américaine
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Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /Juil /2008 10:26
Après avoir dévoré les deux premières aventures du capitaine pirate et de son équipage loufoque, je me suis de nouveau embarquée avec eux pour rencontrer Karl Marx et Friedrich Nietzsche. La quatrième de couverture le précise, l'idée n'est pas de vulgariser les "thèses" de ces messieurs mais à travers "une histoire pleine de barbes luxuriantes, de joutes intellectuelles, de volcans, de walkyries et de danseuses de french-cancan" de découvrir "si le jambon est vraiment l'opium du peuple". Pour ceux qui ne connaisssent pas  encore ce pittoresque équipage, le jambon est à leurs yeux le summum de la gastronomie.
Comme d'habitude, Gideon Defoe nous entraine dans une folle histoire, sans queue ni tête mais enchaînant avec une égale bonne humeur les péripéties les plus saugrenues.Il faut accepter de se laisser guider par la fantaisie de l'auteur qui n'a d'égale que les caprices du capitaine pirate. Il n'empêche qu'à la fin de l'histoire, ce cher capitaine nous livre quelques extraits de l'oeuvre philosophique majeure qu'il a rédigée lors d'une joute littéraire avec Karl Marx. Après lecture de cet extrait, tout lecteur un peu averti aura compris que le capitaine a remporté haut la main ce concours d'écriture.

"Sur la discipline à bord d'un bateau pirate
A partir d'une vieille chaussettes et de deux coquilles, vous pouvez fabriquer une marionnettte qui se révélera très utile pour aider les esprits un peu lents de votre équipage à comprendre ce qu'ils ont à faire. Vous pouvez baptiser votre marionnette comme vous voulez, mais je vous conseille "Chocho" ou "Monsieur Soc-Soc"."
Par Armande - Publié dans : Romans humoristiques
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 13:55
Adepte des romans policiers, je suis surtout "accro" aux personnages récurrents. Depuis des années, je suis avec assiduité le quotidien et les aventures d'un certain nombre d'enquêteurs. Ma préférence va au commissaire Kurt Wallander, sorti de l'imagination de Henning Mankell. Sa ville, Ystad, à l'extrémité méridionale de la Suède, me semble presque aussi familière que ma propre ville. Les fluctuations de l'âme du policier m'intéressent mais je suis aussi avec intérêt ses tentatives pour perdre du poids. Je me préoccupe de lui, un peu comme je prendrais des nouvelles d'un cousin éloigné qu'on ne rencontre qu'à de rares occasions.
Ce n'est pas mon seul compagnon de route, je mets aussi depuis longtemps mes pas dans ceux du commissaire Brunetti, le héros de Donna Leon. Lui, je l'aime pour sa famille, sa femme universitaire et ses deux grands ados et surtout pour sa ville Venise. Mon addiction est telle que lors d'un séjour récent à Venise, je m'attendais à le voir surgir de toutes les petites ruelles ou monter dans le vaporetto où je me trouvais. Sa gourmandise n'est pas non plus pour me déplaire, la description des petits plats, concoctés par Paola, son épouse, met l'eau à la bouche de tout amateur de pâtes.
Citons aussi, Kinsey Millhonne, notre détective californienne, coiffée avec un pétard et fâchée avec les tenues qui font un peu fille. Sue Grafton nous offre avec elle un personnage très attachant.
Et je terminerai par le mandarin Tan, fidèlement secondé par le lettré Dinh et le docteur Porc. Ce mandarin vietnamien vit au XVIIème siècle et ses aventures souvent truculentes sont une plongée dans une époque passée décrite avec beaucoup de précision et de poésie. L'écriture, au-delà même de l'intrigue, est particulièrement remarquable. Certaines phrases sont ciselées comme des bijoux. J'ai eu l'occasion de rencontrer la "créatrice" du mandarin, Thanh-Van Tran-Nhut, au festival Etonnants Voyageurs et je me souviens encore avec bonheur de notre conversation près du stand Picquier .
La sortie d'un roman de ses quatre auteurs est toujours pour moi un mini-événement, généralement partagé par mes soeurs et ma mère,les livres circulent dans notre petit cercle et suscitent toujours de nombreux commentaires.
Par Armande - Publié dans : romans policiers
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /Juil /2008 14:28
Youpi, c'est l'été et pour moi c'est synonyme de neurones au ralenti et de lecture genre "chicken litt". Une de mes soeurs vient de dénicher une nouvelle héroïne qui promet: Bubbles, coiffeuse de son état et journaliste aux heures creuses. Dans ce roman, elle doit abandonner ses tenues de Lolita, quelque peu sur le retour, pour le tablier et la coiffe des Amish. Et oui, pour les besoins d'un article, elle doit se fondre dans une communauté amish et quitter la quiétude de son salon de coiffure pour l'étable à vaches.Bubbles n'hésitera d'ailleurs pas à shampouiner une malheureuse génisse qui n'en demandait pas tant.
Pendant les deux heures consacrées à la lecture d'un roman pour "poulettes", le monde entier (à savoir mari, enfants, famille, amis...) doit tourner sans moi.J'en sors le sourire aux lèvres, dans un état de douce euphorie . Evidemment, deux jours après, j'ai oublié jusqu'à l'existence même de ce roman dont l'effet sur moi ressemble à celui d'une bouchée Suchard: un petit plaisir sympa...
Par Armande - Publié dans : chicken littérature
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 16:52
Merci à Christine pour le prêt de cette bande dessinée. L'adulte et l'enseignante que je suis a eu, grâce à cette lecture, un aperçu ce ce qui trotte dans la tête des adolescents que je côtoie tous les jours. L'héroïne, Valentine, a quatorze ans et l'auteur nous présente, avec sensibilité et finesse, l'univers de cette demoiselle. La principale qualité de cette BD est de ne pas verser dans la caricature  méprisante: le parler "jeune" est utilisé à bon escient et l'auteur ne porte aucun jugement sur la pauvreté du lexique adolescent ou  sur l'orthographe hasardeuse des SMS que s'échangent les personnages.
J'ai eu le sentiment d'avoir le privilège de regarder vivre ce groupe de copines, empêtrées par leur corps devenu trop grand et par des élans du coeur qu'elles ne maîtrisent pas encore.
Le trait est juste, les portraits criants de vérité et il me tarde le lire le tome suivant pour accompagner l'héroïne en Seconde. Le tome 1 nous raconte son année de Troisième entre le collège où les cours ont beaucoup moins d'importance que les bavardages avec les copines et l'appartement qu'elle partage avec sa mère où le dialogue avec celle-ci n'est pas aisé.
L'année de seconde verra peut-être le papillon sortir de sa chrysalide car Valentine , comme le titre l'indique, ne sait pas encore qui elle est ni même qui elle aurait envie d'être.
Celle que je ne suis pas est mon coup de coeur de ce début d'été !
Par Armande - Publié dans : littérature jeunesse
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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /Juil /2008 15:40
Un petit polar historique sans prétention où j'ai découvert l'étymologie du mot panacée, comme quoi on peut se cultiver en se distrayant...
J'ignorais que ce nom commun nous venait de la déesse grecque Panacée, fille d'Asclépios, connue pour prodiguer aux hommes des remèdes par les plantes.
Cette première approche de l'univers  de Thierry Maugenest m'incite à poursuivre plus avant la découverte de cet auteur par la lecture de "Venise.net", chaudement recommandée par des amis .
Par Armande - Publié dans : romans policiers
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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /Juil /2008 15:19
Dernière lecture en date: un savoureux roman irlandais où l'on découvre avec bonheur des personnages riches en humanité et en amour de la vie. La couverture m'a immédiatement séduite par le décalage entre le visage poupin de la femme et le minuscule petit pois.
J'aime particulièrement les histoires qui nous offrent une galerie de portraits et nous permettent de découvrir un pays, une ville ou même un quartier de cette ville.
La guerre des légumes réunit tous ces éléments . Venez partager le quotidien de la fabuleuse Philomène , de ses enfants, de Soeur Rosaleen qui verra s'éveiller en elle une âme d'animatrice de loto...
"Quatorze personnes partirent du Centre d'accueil mieux loties que lors de leur arrivée. Elles rentrèrent chez elles avec un butin, allant de poires en conserve à des rouleaux de papier hygiénique, de cigarettes à des yaourts allégés. Ils avaient beau ne pas avoir eu les chiffres pour gagner, tous, gagnants et perdants, étaient satisfaits de leur grille. Seule soeur Rosaleen ne l'était pas.
La religieuse était écoeurée. Dans sa vie religieuse, rien ne lui avait procuré la même satisfaction que celle qu'elle avait éprouvés en criant les numéros. Rien ne l'avait liée avec autant de dynamisme aux vies de ceux dont elle avait la responsabilité. Pour une fois, elle n'était pas séparée d'eux, elle ne veillait pas sur eux; elle était l'un d'eux et ils étaient avec elle. Soeur Rosaleen ne voulait pas que cela s'arrête.Maintenant que c'était terminé, elle mourait d'envie que cela recommence. Elle était accro."
Par Armande - Publié dans : Romans humoristiques
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